VIDEO – Intervention de Béatrice Lecouturier sur le budget 2019

Retrouvez en vidéo et en texte l’intervention de Béatrice Lecouturier lors de l’examen du projet de budget 2019 lors de la séance plénière du conseil régional d’Île-de-France du 17 décembre 2018.

 

 

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Madame la Présidente,

 

Monsieur le Vice-Président,

 

Madame la rapporteure du CESER,

 

Chers collègues,

 

Permettez-moi tout d’abord, pour ma première prise de parole dans cet hémicycle comme présidente du groupe MoDem, de remercier mon prédécesseur Yann Wehrling nommé à de nouvelles fonctions pour continuer son engagement connu de tous pour défendre notre planète.

 

Examiner le projet de budget est l’occasion de fixer des priorités. Nous avons toujours conçu l’institution régionale comme une collectivité stratège qui doit garder toute sa souplesse pour prendre des risques et investir rapidement là cela est nécessaire.

 

Cela l’est d’autant plus que la région ne dispose pas d’autonomie fiscale à proprement parler. Si, depuis 2018, l’État ne verse plus de dotation globale de fonctionnement, la région ne possède aucune marge de manœuvre sur son volet recettes. Notons toutefois que ce dernier est en hausse en 2018 conformément aux prévisions et grâce au respect des engagements de l’État sur les recettes dynamiques.

 

Elles continuent d’être versées en totalité aux régions et nous permettent de compter sur une augmentation de 10,8% des produits de la fiscalité directe, et de 2,3% de la part régionale de TVA. Avec la montée en puissance du plan d’investissement des compétences lancé par le Gouvernement nous devrions ainsi voir lors du budget supplémentaire de juin une augmentation sensible du volet recettes par rapport à l’année dernière.

 

Nous continuons d’observer une gestion sérieuse des comptes régionaux, conformément aux promesses faites devant les Franciliens. Notre groupe y est particulièrement attaché. La dette devrait continuer de progresser à hauteur de 125M€ mais, avant que nous commencions l’examen du budget, l’enveloppe de l’emprunt d’équilibre diminue de 17,1%. Cette bonne gestion nous permet de réduire la charge de la dette de 33,1%, en une année. Alors que la BCE vient d’annoncer l’arrêt de sa politique expansionniste, la prudence s’impose en effet. Et ces efforts opérés depuis 2016 nous permettent de faire mentir les prévisions du cabinet EY : nous prévoyons en fin d’année prochaine une capacité de désendettement inférieure à 7 années, d’ailleurs bien en dessous du plafond légal, alors que le cabinet d’audit prévoyait que nous serions à 18 années si nous n’avions pas conduit les réformes nécessaires.

 

Ces fruits sont le résultat d’efforts réalisés pour faire progresser notre capacité d’autofinancement, qui atteindra 1,18 milliards d’euros, soit une progression de 9,3% sur une seule année. C’est la marque de la souplesse retrouvée de notre Région pour investir et poursuivre la réduction des fractures sociales et territoriales, et la transition écologique. C’est aussi le résultat du basculement opéré depuis 2016 qui nous permettra de voter pour la première fois davantage d’autorisations en investissement qu’en fonctionnement.

 

Nous sommes convaincus que la Région doit avoir pour priorité d’améliorer le quotidien. Derrière le cri de colère poussé par les mouvements de protestations ces dernières semaines, et le sentiment d’un manque de représentativité, il y a la réalité d’une action politique trop éloignée des besoins du quotidien depuis des décennies. Ne cherchons pas de responsables, mais attelons-nous tous, chacun à notre place, à construire un nouveau contrat démocratique et social. Nous voyons une part importante de nos concitoyens s’interroger sur le consentement à l’impôt, quel qu’il soit, avec deux exigences : la justice et la transparence. Les Français n’acceptent plus que tout augmente en ayant l’impression que l’effort n’est pas équitablement réparti et qu’ils n’en profitent trop peu.

 

Il nous faut bâtir une région à visage humain qui puisse directement améliorer les conditions de vie des Franciliens.

 

Ce budget traduit cette urgente nécessité en continuant la progression des investissements dans les transports du quotidien. Vous nous proposez ainsi de mettre l’accent sur les transports collectifs au travers du RER, des tramways, du métro. Et l’entrée en service du Grand Paris des bus montre que nous ne focalisons pas uniquement notre attention et nos priorités budgétaires sur les seuls réseaux ferrés mais que nous prenons aussi en considération les territoires éloignés et dépendants des mobilités sur route.

 

Nous saluons aussi votre proposition d’augmenter en 2019 le budget dédié aux lycées de 160 millions d’euros en une année et la multiplication par trois du budget consacré aux constructions. 20 opérations du PPI s’achèveront cette année. Les lycéens, leurs parents et la communauté éducative pourront ainsi constater les efforts qui sont conduits par cette majorité à leur endroit. Nous lancerons également une grande stratégie de l’orientation tout au long la vie afin de garantir l’égalité des chances et réduire le sentiment d’emprisonnement dans un milieu social ou professionnel déterminé.

 

La revalorisation des filières professionnels sera tout autant nécessaire et nous comptons sur la nouvelle génération des lycées campus pour servir de vitrine de l’excellence de ces formations.

 

En matière d’emploi, les efforts de modernisation de l’appareil de formation régional portent leurs fruits. Il faudra se servir de l’opportunité unique du PIC, qui pourrait atteindre 200 millions d’euros en Île-de-France, pour bâtir de nouveaux outils d’accompagnement des personnes les plus éloignées de l’emploi. Même si elle est plus timide qu’espérée, la reprise économique et bien là et chacun doit pouvoir en bénéficier. Les efforts entrepris dans le cadre de Région Solidaire, qui se traduisent dans ce budget par une augmentation sensible des fonds de solidarité, devront entrer en cohérence avec cette politique d’inclusion afin d’en garantir l’efficacité.

 

Nos investissements doivent nous permettre de donner à notre région l’ambition qu’elle mérite. A l’heure de la sortie, préparée ou non, du Royaume-Uni, les regards sont tournés vers nous. Il nous faut développer un modèle capable d’accompagner l’émergence d’une nouvelle génération de grandes entreprises leaders en particulier dans l’industrie et le numérique. Il nous faut aussi protéger le tissu économique traditionnel auxquels les Franciliens sont attachés à juste titre.

Enfin, l’accélération de la transition écologique est une nécessité, nous le savons tous. Cette lutte est primordiale pour protéger le vivant, mais elle doit aussi nous servir de levier pour améliorer les conditions de vie en zone urbaine. Réduire la pollution de l’air, augmenter le nombre d’espaces verts, limiter le nombre de déchets, développer l’alimentation biologique sont autant de bénéfices qui rendront notre Région plus agréable à vivre.

 

Nous entamons donc cette séance budgétaire avec la fierté des engagements tenus et la confiance d’une vision partagée pour bâtir une région à visage humain.

 

Je vous remercie.

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